Mongol (cheval)
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Le Mongol (mongol : Монгол морь ou Адуу) est une race de chevaux des steppes, qui, comme son nom l'indique, est autochtone de la Mongolie. Très ancien, il est à l'origine de nombreuses autres races de chevaux dans le monde, que ce soit via les guerres de l'Empire mongol ou grâce au commerce. Petit, trapu et remarquablement endurant, il est parfois classé parmi les poneys. Sa docilité et sa résistance font de ce cheval le compagnon indispensable des nomades. Le cheval mongol a été décrit dans un premier temps par des Européens, souvent en des termes dépréciatifs ; les traditions orales des Mongols le décrivent au contraire en des termes valorisants et louangeurs. Ses traditions d'élevage se maintiennent en Mongolie (Mongolie-Extérieure), mais elles déclinent en Chine (Mongolie-Intérieure).
Ses usages sont extrêmement variés. Jadis monture de guerre, il reste utilisé comme un moyen de transport, généralement sous la selle pour le gardiennage des troupeaux. Le cheval mongol est surtout associé à des courses d'endurance prestigieuses, les Naadam. L'arrivée de l'économie de marché a multiplié son élevage pour la viande, entraînant des problématiques de respect animal. Les juments sont traites pour leur lait, qui donne l'aïrag.
Ce cheval fait l'objet de vastes célébrations en Mongolie lors du Naadam, la fête nationale. Race à l'impact culturel important à l'échelle mondiale, elle est la source d'inspiration d'écrits techniques comme fictionnels, dont des romans pour la jeunesse.
Contents
• Histoire
• Origines
• Robes
• Courses
• Viande
• En Chine
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Dénomination et travaux scientifiques
Cette race de chevaux est nommée le « Mongol », ou « poney mongol »cite-ref-dad-isdad-is-1-0[DAD-IS 1]. Elle pouvait jadis être désignée comme « poney chinois », mais ce terme est considéré comme obsolètecite-ref-dad-isdad-is-1-1[DAD-IS 1]. De plus, la notion de « poney » n'est pas signifiante pour les Mongolscite-ref-rousseau2014316-2-0[1].
Le nom en mongol est Mongol aduucite-ref-rousseau2014316-2-1[1] (Монгол Адуу en écriture cyrillique), qui désigne l'animal seul en tant que partie d'un troupeaucite-ref-gouraud200538-3-0[2]. Addy est un terme générique qui désigne tous les chevauxcite-ref-bianquis-gasser199991-4-0[S 1]. Individuellement, les chevaux mongols ne sont pas nommés par leurs éleveurs nomades, au contraire des chiens, car ils sont susceptibles d'être mangéscite-ref-bianquis-gasser199995-5-0[S 2]. Il est d'usage de les désigner par leur couleur et le nom de leur propriétaire, par exemple, le « gris de Xaltan »cite-ref-bianquis-gasser199995-5-1[S 2].
Dans les sources écrites, il existe une confusion fréquente entre cette race domestique et le cheval de Przewalski sauvage, qui est souvent nommé « cheval sauvage de Mongolie »cite-ref-turk201724-6-0[S 3].
Très peu de travaux de recherche sont consacrés aux chevaux mongols domestiques, et notamment à la manière de les sélectionner et de les élevercite-ref-hund20084-8-7-0[3]. Ainsi, le nombre de publications scientifiques est très faible, tant en anglais qu'en mongolcite-ref-hund20088-8-0[4]. La biologiste Amanda Hund (Carleton College) souligne aussi la grande difficulté à collecter des informations sur le terrain, les éleveurs mongols n'étant pas habitués à verbaliser ni à expliquer leurs pratiques quotidiennescite-ref-hund20089-9-0[5]. Il existe un biais potentiellement important dans la manière dont le cheval mongol est décrit et présenté, les questionnements des enquêtes de terrains et les sources écrites étant essentiellement produits par des Occidentauxcite-ref-hund200810-10-0[6]. L'écrivain Jean-Louis Gouraud témoigne aussi que les Mongols répondent aux questions en fonction de la sensibilité de leur interlocuteur, par exemple en réfutant que les chevaux sont abattus pour leur viande si l'interlocuteur est défavorable à l'hippophagiecite-ref-11[7]cite-ref-gouraud200534-43-44-12-0[8].
Histoire
Origines
Une très vaste étude de Librado et al. publiée dans la revue Nature en 2021 situe l'origine de tous les chevaux domestiques du monde dans la steppe pontique, vers 2 000 av. J. C.cite-ref-13[S 4]. Des travaux plus anciens soutenaient l'hypothèse que le cheval mongol descende directement du Przewalski en raison d'une convergence morphologiquecite-ref-turk201724-6-1[S 3]cite-ref-hund200814-14-0[9], mais cette hypothèse ne s'est pas vérifiée dans des travaux plus récents, ces deux populations de chevaux étant génétiquement bien distinctes, avec notamment un nombre de chromosomes différentcite-ref-15[S 5]cite-ref-16[S 6]cite-ref-turk201724-6-2[S 3]cite-ref-17[S 7]cite-ref-18[S 8]. En dépit de cela, de nombreux auteurs persistent à soutenir cette parenté erronéecite-ref-gouraud200525-19-0[10].
Le groupe des races dérivées du cheval mongol provient du plateau mongolcite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter427-20-0[11]. D'après Bonnie Lou Hendricks (université de l'Oklahoma), le cheval y est domestiqué très tôt, dès 2 000 ans av. J.-Ccite-ref-hendricks2007hend127-21-0[12]. Cela fait du cheval mongol l'une des plus anciennes races de chevaux domestiques au monde, voire la plus anciennecite-ref-hendricks2007hend286-22-0[13]cite-ref-bongianni1987119-23-0[14]cite-ref-rousseau2014316-2-2[1]cite-ref-hund200811-24-0[15].
Le cheval mongol moderne présente un génome mitochondrial en commun avec celui de cinq échantillons anciens issus de la culture des pierres à cerfs (DSK), et d'un spécimen de cheval ancien de la culture Xiongnu, correspondant à l'âge du bronze ancien et aux débuts de l'âge du fercite-ref-25[S 9]. Il existe aussi des preuves d'usage du cheval dans l'actuelle Mongolie sous les cultures DSK entre - 1 300 et - 700, et de rituels impliquant le sacrifice du chevalcite-ref-26[S 10].
Rôle historique du cheval mongol
Les chevaux mongols jouent un important rôle historique, permettant la mobilité guerrière et les conquêtes de cavaliers dans toute l'Eurasiecite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter427-20-1[11]cite-ref-chaliand-27-0[16], en particulier au XIIIe siècle, quand Gengis Khan a bâti l'un des plus vastes empires de tous les temps grâce à sa stratégie militaire et à sa grande armée de cavalierscite-ref-28[S 11]cite-ref-turk201727-29-0[S 12]cite-ref-ripart200135-30-0[17]cite-ref-rossabi19941-31-0[S 13]. D'après le sociologue politique Gérard Chaliand, ce petit cheval accorde une mobilité guerrière équivalente à 100 km par jour, favorisée par sa grande résistance au froidcite-ref-chaliand-27-1[16]. Cela a permis aux armées mongoles de couvrir davantage de terrain que ne le pouvaient leurs adversaires, en utilisant une tactique d'attaque rapide suivie de retraitcite-ref-turk201728-32-0[S 14]cite-ref-rossabi19941-31-1[S 13].
« Les chevaux pourraient, sans exagération, être considérés comme les missiles balistiques intercontinentaux du XIIIe siècle. »
— Morris Rossabi, “All the Khan’s Horses”cite-ref-rossabi19942-33-0[18]
C'est à partir du XIIIe siècle que le cheval mongol devient réellement identifiable dans des sources écritescite-ref-aubin199966-34-0[S 15]. Le religieux franciscain Jean de Plan Carpin est l'un des premiers Occidentaux à le décrire : il remarque qu'il n'est pas grand, mais exceptionnellement résistant et rustiquecite-ref-35[19].
Influence génétique du cheval mongol
Beaucoup d'autres chevaux descendent de chevaux mongolscite-ref-tozaki-36-0[S 16]cite-ref-silver198479-37-0[20], résultat des conquêtes militaires menées par l'Empire mongol entre le XIIIe siècle et le XVe siècle, qui ont répandu la race sur un très vaste territoirecite-ref-turk201725-38-0[S 17]cite-ref-bongianni1987119-23-1[14], mais aussi du commerce, en particulier celui des Vikings sur la route commerciale de la Volgacite-ref-turk201726-39-0[S 18], qui l'amène jusqu'en Europe du Nordcite-ref-bold201284-90-40-0[21]. Les données génétiques suggèrent qu'il a probablement contribué à de nombreuses races de chevaux européennescite-ref-bj-rnstad-41-0[S 19] et asiatiquescite-ref-udina-42-0[S 20]. Parmi les races européennes, on compte le Bosniencite-ref-hendricks2007hend78-43-0[22], l'Albanaiscite-ref-hendricks2007hend11-44-0[23] et le Huçulcite-ref-hendricks2007hend109-45-0[24]. Il existe aussi un questionnement sur sa parenté avec le cheval islandaiscite-ref-46[P 1] et le Fjordcite-ref-bj-rnstad-41-1[S 19]. La distance génétique est notablement plus importante entre les chevaux d'Europe du Nord et le Pur-sang qu'entre ces derniers et le cheval mongolcite-ref-bj-rnstad-41-2[S 19].
La parenté entre le cheval mongol et le poney Cheju de Corée est démontrée depuis 1983cite-ref-bold201273-77-47-0[25]. Le cheval mongol est aussi à l'origine de toutes les races de chevaux japonaises, via la Coréecite-ref-tozaki-36-1[S 16]. Cela résulte peut-être de tentatives infructueuses de conquêtes mongoles du Japon et de l'Indonésiecite-ref-bold201272-73-48-0[26]. Son influence se retrouve en effet jusqu'en Indonésiecite-ref-turk201725-38-1[S 17], le ministère de l'agriculture indonésien ayant confirmé une influence de poneys chinois, eux-mêmes d'ascendance mongole, sur le cheptel localcite-ref-hendricks2007hend60-49-0[27]. Le Sumbawa ressemble beaucoup au cheval mongol, bien que le manque d'études génétiques ne permette pas de confirmer cette filiationcite-ref-turk201725-38-2[S 17].
Le cheval mongol a aussi influencé le poney tibétain, qui via le commerce étend ensuite cette influence à toute la Chinecite-ref-bold201278-79-50-0[28].
Sous la dynastie Ming, le cheval mongol devient un cadeau diplomatique prisé de la cour impériale chinoisecite-ref-meserve198732-33-51-0[29], la race devenant aussi en demande pour lutter contre les invasions mongolescite-ref-turk201726-39-1[S 18].
Le commerce de cette race en Russie conduit à des expériences de croisement entre les grandes races de chevaux européennes et les petits chevaux mongols, en vue de récupérer ses qualités de rusticité chez les poulains hybridescite-ref-turk201726-39-2[S 18]. Beaucoup de ces expérimentations échouent cependant à cause de la petite taille de la jument mongole, qui complique le poulinagecite-ref-meserve198742-52-0[30]. La seule expérience fructueuse de ce type est celle qui donne la race Jargalantcite-ref-bold201264-65-53-0[31]cite-ref-turk201726-39-3[S 18]. En dehors de ces croisements, le cheval mongol reçoit très peu d'influences extérieures, les autres races de chevaux n'étant pas capables de vivre sous le rude climat de la Mongoliecite-ref-erdenekhuyag200421-54-0[32].
Depuis le XX e siècle
Un sondage de 1918 cite alors la présence d'un million et demi de chevaux en Mongoliecite-ref-55[33]. L'avènement du communisme entre 1921 et 1924 met un terme aux courses rituelles organisées lors des cérémonies du printemps, les naadam (ou nadom)cite-ref-aubin199975-56-0[S 21]. Le gouvernement communiste en fait une fête nationale militaire, la déplace au 11 juillet et crée des catégories par âge et par sexe des chevaux mongols qui concourentcite-ref-aubin199975-75-57-0[S 22]. De profonds changements touchent aussi le mode de vie des éleveurs, leurs animaux devenant propriété de l’Étatcite-ref-hund200829-30-58-0[34]. Un système d'enregistrement écrit des poulains est mis en placecite-ref-hund200830-59-0[35]. De nombreux chevaux mongols sont envoyés en Union soviétique durant la Seconde Guerre mondiale, ce qui diminue les effectifs de la racecite-ref-hendricks2007hend287-60-0[36]. Les familles mongoles ont alors en moyenne 10 à 15 chevaux appartenant à L’Étatcite-ref-hund200830-59-1[35].
La littérature mongole permettant de décrire les chevaux locaux n'est longtemps restée que sous forme de manuscrits qui se transmettaient de manière informelle, car seuls les monastères lamaïstes disposaient d'imprimeriescite-ref-aubin199973-61-0[S 23]. Les impressions de ces textes profanes débutent durant les années 1960, dans la capitale Oulan-Batorcite-ref-aubin199973-61-1[S 23].
Les traditions et rituels équestres sont remis à l'honneur en Mongolie après la chute du communisme, en 1991cite-ref-ripart200139-62-0[37]cite-ref-aubin199966-34-1[S 15]. Les chevaux sont privatisés, les familles d'éleveurs en devenant propriétaires, après une attribution par l’État dépendant de la taille des famillescite-ref-hund200830-31-63-0[38]. Le secteur connaît une successions d'évolutions très rapides depuis lors, sous l'influence de l'économie de marché occidentalecite-ref-hund20087-64-0[39]. Si le recours à des motos et des jeeps s'est répandu au détriment des chevaux, la race locale conserve un statut prestigieux dans ce payscite-ref-bianquis-gasser199988-65-0[S 24]. En revanche, côté chinois (Mongolie-Intérieure), l'art équestre et les connaissances hippologiques des nomades des steppes sont très peu valoriséscite-ref-aubin199980-66-0[S 25], entraînant le déclin du cheval mongol chinois et des traditions qui lui étaient associéescite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016q24619653452-67-0[40].
Description
De par ses caractéristiques physiques exceptionnelles, sa diffusion et son rôle martial, le cheval mongol constitue une race unique à l'échelle mondialecite-ref-turk201723-68-0[S 26]. Son modèle se retrouve chez des races de chevaux extérieures à la Mongolie, ce qui a conduit CAB International et d'autres spécialistes à décrire un « type mongol », dont font également partie des races chinoises, tibétaines et russes comme l'Altaï, le Bouriate, le Narym, le Touva et le Iakoutecite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter503-69-0[41]cite-ref-silver198478-70-0[42]. Ce type mongol est caractérisé par un modèle court et solidecite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter427-20-2[11], massif et densecite-ref-silver198478-70-1[42]. Il peut être classé parmi les poneys dans les sources occidentales en raison de sa taillecite-ref-dad-isdad-is-1-2[DAD-IS 1]cite-ref-kholov-199730-71-0[43], mais en l'absence d'une notion équivalente au concept de « poney » en Mongolie, cette race est plutôt à classer parmi les chevauxcite-ref-turk201723-68-1[S 26]cite-ref-hund200811-24-1[15].
L'influence de la sélection naturelle est prépondérante sur la plupart des chevaux mongols modernescite-ref-hund200816-26-72-0[44].
Différences entre sources occidentales et sources mongoles
La « race » des chevaux mongols a été décrite et étudiée initialement par des Européens, en vue d'en fournir une description standardiséecite-ref-ravazzi1991144-73-0[45]. Ils l'ont souvent jugée comme petite et laide, mais douée d'une endurance et d'une résistance à l'effort exceptionnellescite-ref-turk201729-74-0[S 27]cite-ref-haller2003227-75-0[46]cite-ref-aubin199967-76-0[S 28]. Le cheval mongol a notamment été comparé à un « pourceau » à cause de son corps en forme de tonneaucite-ref-77[47], et même à « un gros rat sur roulettes » par Saint-John Persecite-ref-gouraud200520-21-78-0[48]. Selon Jean-Louis Gouraud, la plupart de ces descriptions occidentales sont « un tissu d'âneries »cite-ref-gouraud200522-23-79-0[49].
Dans la tradition mongole, ce cheval est au contraire objet de prestige ; l'historienne Françoise Aubin estime cependant que l'évaluation repose sur des « jugements de valeur stéréotypés »cite-ref-aubin199965-80-0[S 29]. La littérature mongole descriptive des chevaux s'appelle moriny shinz, soit « caractéristiques / qualités du cheval », et se rapproche des manuels de physiognomoniecite-ref-aubin199974-81-0[S 30]. Cette littérature est très bien diffusée localement, et comporte entre autres des conseils pour repérer une bonne jument reproductrice ou un bon hongre à monter pour utiliser la perche-lasso (uurga)cite-ref-aubin199974-75-82-0[S 31].
Françoise Aubin rappelle que les nomades mongols ne décrivent pas leurs chevaux comme le font les Occidentaux : certaines parties du corps décrites en mongol n'ont aucun mot équivalent pour une traduction françaisecite-ref-aubin199967-76-1[S 28]. La langue mongole dispose en effet d'un vocabulaire extrêmement riche pour l'anatomie du cheval, la « moindre cavité ou protubérance » de l'animal étant désignée par un mot préciscite-ref-aubin199976-83-0[S 32]. L'usage est de comparer la morphologie du cheval à d'autres animaux : le dos et le rein sont comparés au lièvre, au serpent ou au poisson ; la tête est comparée au souverain (khan) ; le poitrail, l'encolure et le nez sont comparés au lion, etccite-ref-aubin199976-83-1[S 32].
Ces sources sont souvent fantaisistes : parmi les 244 mots différents désignant les dents du cheval, certains manuscrits affirment que l'animal a 40 dents, d'autres qu'il en a 51cite-ref-aubin199977-84-0[S 33].
Il existe aussi une littérature protoscientifique portant sur l'anatomie internecite-ref-aubin199979-85-0[S 34].
Taille, poids et croissance
Le poulain mongol pèse en moyenne 25 kg à la naissance, et la pouliche 23,4 kgcite-ref-dad-isdad-is-1-3[DAD-IS 1]. Mâles comme femelles sont considérés comme adultes à trois ans, âge auquel ils peuvent commencer à se reproduirecite-ref-dad-isdad-is-1-4[DAD-IS 1].
La taille moyenne à l'âge adulte est de 1,22 à 1,42 m selon CAB Internationalcite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter486-86-0[50], 1,22 à 1,40 m selon l'autrice britannique Caroline Silver (1984)cite-ref-silver198478-70-2[42], 1,23 à 1,42 m selon Bongiannicite-ref-bongianni1987119-23-2[14] et le Guide Delachauxcite-ref-rousseau2014316-2-3[1], 1,29 à 1,45 m selon l'autrice tchèque Helena Kholovácite-ref-kholov-199730-71-1[43] et 1,35 à 1,45 m selon l'auteur autrichien Martin Hallercite-ref-haller2003227-75-1[46]. Les données de la base DAD-IS indiquent une taille moyenne de 1,31 m chez les mâles et 1,26 m chez les femellescite-ref-dad-isdad-is-1-5[DAD-IS 1]. Le poids moyen respectif à l'âge adulte est de 360 à 300 kgcite-ref-dad-isdad-is-1-6[DAD-IS 1].
Types et races de chevaux mongols
Il existe une certaine confusion pour distinguer les races de chevaux de la Mongolie, et plus largement de l'Asie centralecite-ref-gouraud200527-28-87-0[51]. Les classer en types ou en races se révèle souvent très aléatoirecite-ref-gouraud200529-88-0[52]. Hendricks et CAB International distinguent quatre types, dus à des différences de biotopecite-ref-hendricks2007hend286-287-89-0[53]cite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter486-86-1[50] :
• le type des forêts, le plus grand et le plus lourd de tous ;
• le type des steppes, plus petit mais mieux conformé pour la monte ;
• le type du désert, le plus petit de tous, particulièrement rustique et calme, qui provient du désert de Gobi et dont la robe est généralement bai foncécite-ref-hendricks2007hend286-287-89-2[53]cite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter486-86-3[50]cite-ref-hund200826-91-0[55].
Il est également fréquent de distinguer des races régionales parmi le groupe du cheval mongolcite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter487-92-0[56]. En Mongolie, ces différentes races incluent le Galsharcite-ref-93[DAD-IS 2], le Tescite-ref-94[DAD-IS 3], le Darkhadcite-ref-95[DAD-IS 4], le Jargalant, le Myangadcite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter487-92-1[56] (ou Myngadcite-ref-96[DAD-IS 5]) et l'Ondorshilcite-ref-97[DAD-IS 6]. Les chevaux de l'Est du pays sont plus petits, plus longilignes, plus rapides et dotés de jambes plus finescite-ref-hund200825-90-1[54]. Ceux de l'Ouest ont l'encolure plus courte, les oreilles plus longues, et une grande diversité de couleurs de robecite-ref-hund200826-91-1[55].
Groupes et types de chevaux mongols en Mongolie et en Chine
En Chine (Mongolie-Intérieure), quatre types du cheval Mongol chinois sont répertoriés : l'Abagacite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016q24619653452-67-1[40], le Baichacite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016q24619653452-67-2[40], l'Ujumqincite-ref-98[DAD-IS 7]cite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016q24619653452-67-3[40] et le Wushencite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016q24619653452-67-4[40].
Morphologie
En raison de l'absence de réelle sélection coordonnée et de l'immensité de son aire de répartition, le cheval mongol présente des variations morphologiques parfois importantescite-ref-ravazzi1991144-73-1[45]. Le modèle est médiolignecite-ref-bongianni1987119-23-3[14], à la fois musclé et compactcite-ref-turk201724-6-3[S 3], typique d'un cheval des steppes primitifcite-ref-haller2003227-75-2[46].
Tête
La tête paraît grosse et lourde en comparaison avec les proportions du corps, qui est court et largecite-ref-turk201724-6-4[S 3]cite-ref-hendricks2007hend287-60-1[36], d’apparence frustecite-ref-haller2003227-75-3[46]. Le profil de tête est rectilignecite-ref-bongianni1987119-23-4[14]cite-ref-rousseau2014316-2-4[1] ou bien busquécite-ref-kholov-199730-71-2[43]. La tête est relativement largecite-ref-kholov-199730-71-3[43]. Si ce dernier n'est pas rasé, elle est surmontée d'un toupet abondantcite-ref-kholov-199730-71-4[43].
L’œil est de petite taillecite-ref-silver198478-70-3[42]cite-ref-bongianni1987119-23-5[14]cite-ref-kholov-199730-71-5[43]cite-ref-rousseau2014316-2-5[1]cite-ref-haller2003227-75-4[46]cite-ref-ravazzi1991144-73-2[45], en forme d'amandecite-ref-bongianni1987119-23-6[14]. Les oreilles sont courtescite-ref-bongianni1987119-23-7[14]cite-ref-silver198478-70-4[42]cite-ref-kholov-199730-71-6[43]cite-ref-rousseau2014316-2-6[1] et épaissescite-ref-silver198478-70-5[42]cite-ref-ravazzi1991144-73-3[45]. Les joues sont veluescite-ref-kholov-199730-71-7[43] et les mâchoires puissantescite-ref-haller2003227-75-5[46].
Corps
L'encolure est courtecite-ref-turk201724-6-5[S 3]cite-ref-hendricks2007hend287-60-2[36]cite-ref-rousseau2014316-2-7[1] et massivecite-ref-ripart200136-99-0[57]cite-ref-silver198478-70-6[42]cite-ref-bongianni1987119-23-8[14], profondément ancréecite-ref-haller2003227-75-6[46] et avec une crinière flotttantecite-ref-bongianni1987119-23-9[14]. La poitrine est profondecite-ref-silver198478-70-7[42], donnant un tour de poitrine d'environ 1,50 mcite-ref-kholov-199730-71-8[43]. Le garrot est court selon Bongiannicite-ref-bongianni1987119-23-10[14], long selon Hallercite-ref-haller2003227-75-7[46], et plutôt platcite-ref-bongianni1987119-23-11[14]cite-ref-rousseau2014316-2-8[1]cite-ref-haller2003227-75-8[46]. L'épaule est relativement inclinéecite-ref-bongianni1987119-23-12[14] et muscléecite-ref-rousseau2014316-2-9[1], mais courtecite-ref-haller2003227-75-9[46]. Le corps est largecite-ref-hendricks2007hend287-60-3[36], avec un dos courtcite-ref-turk201724-6-6[S 3]cite-ref-bongianni1987119-23-13[14] et fortcite-ref-silver198478-70-8[42]. La ligne dorso-lombaire est droitecite-ref-bongianni1987119-23-14[14], voire convexe (dos carpé)cite-ref-haller2003227-75-10[46]. Les reins sont courtscite-ref-bongianni1987119-23-15[14]. La croupe est bien musclée, longue et de forme inclinéecite-ref-hendricks2007hend287-60-4[36]cite-ref-bongianni1987119-23-16[14]cite-ref-rousseau2014316-2-10[1]. La queue est néanmoins attachée relativement hautcite-ref-silver198478-70-9[42]cite-ref-rousseau2014316-2-11[1].
La fesse est souvent près du jarretcite-ref-kholov-199730-71-9[43].
Membres
Les jambes sont courtescite-ref-hendricks2007hend287-60-6[36]cite-ref-turk201723-68-2[S 26], mais fortes et compactescite-ref-turk201724-6-7[S 3], avec de bonnes articulations et de bons tendonscite-ref-hendricks2007hend287-60-7[36]. Le tour de canon mesure environ 17 cmcite-ref-kholov-199730-71-11[43]. On remarque souvent la présence de fanons au bas des membrescite-ref-kholov-199730-71-12[43]. Le pied est de forme rondecite-ref-silver198478-70-10[42]cite-ref-bongianni1987119-23-17[14]. La corne des sabots se révèle particulièrement dure et résistantecite-ref-hendricks2007hend287-60-8[36]cite-ref-silver198478-70-11[42]cite-ref-rousseau2014316-2-12[1], permettant au cheval mongol de se mouvoir sur pratiquement n'importe quel type de terrain sans ferrurecite-ref-turk201724-6-8[S 3].
Robes
Toutes les couleurs de robe possibles sont observables chez cette racecite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter427-20-3[11]cite-ref-kislovsky-100-0[S 35]cite-ref-turk201724-6-9[S 3]. Cette diversité est exceptionnelle compte tenu du peu d'influences extérieures sur cette population de chevauxcite-ref-turk201724-6-10[S 3]. Au XVIIe siècle, les possibilités de couleurs de robe alors très rares en Europe, telles que le tacheté noir et blanc, suscitent de l'intérêt et de la curiosité envers les chevaux mongols sur ce continentcite-ref-101[S 36]. En Mongolie, les chevaux sont traditionnellement nommés d'après leur couleur de robecite-ref-aubin199969-102-0[S 37]cite-ref-bianquis-gasser199995-96-103-0[S 38]cite-ref-hund200829-104-0[58]. La taxonomie disponible est beaucoup plus vaste et complète que celle du françaiscite-ref-aubin199969-102-1[S 37].
En 1938, le bai et le gris représentaient les deux couleurs les plus fréquentescite-ref-kislovsky-100-1[S 35]. La robe du cheval mongol est le plus souvent uniecite-ref-dad-isdad-is-1-7[DAD-IS 1]. Au début du XXIe siècle, 56,7 % de la population de chevaux mongols est de robes foncées, soit le bai ou l'alezan, en raison de préférences des éleveurscite-ref-bold201247-49-105-0[59]cite-ref-turk201724-6-11[S 3]. En effet, les robes « fauves, rousses, dorées, brunes et noires » sont nettement préférées dans la littérature folkloriquecite-ref-aubin199969-102-2[S 37]. Au contraire, les éleveurs dévaluent les robes claires ou bigarréescite-ref-aubin199970-106-0[S 39]. Au XIXe siècle, cette dévaluation s'est traduite par la vente de chevaux bigarrés hors de Mongoliecite-ref-aubin199970-106-1[S 39].
Les couleurs les plus fréquemment rencontrées sont donc le bai, le bai-brun, l'alezan, le gris, l'isabelle, le bai dun, le souris et le noircite-ref-hendricks2007hend287-60-9[36]cite-ref-silver198478-70-12[42]cite-ref-bongianni1987119-23-18[14]cite-ref-ravazzi1991144-73-4[45]. La fréquence du gène Dun est élevée chez cette race de chevaux, qui a également la particularité de pouvoir arborer une marque primitive sombre au niveau de l'épaulecite-ref-rousseau2014316-2-13[1].
Les robes tachetées et pies restent possiblescite-ref-rousseau2014316-2-14[1]. Les robes isabelle et palomino sont fréquentes chez le type du désertcite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter486-86-4[50]cite-ref-hendricks2007hend287-60-10[36]. La robe pie se rencontre plus souvent chez le type de montagnecite-ref-hendricks2007hend287-60-11[36]. Le pelage blanc est particulièrement valorisé, une jument mongole blanche étant censée donner un lait d'une qualité supérieurecite-ref-bianquis-gasser199997-107-0[S 40].
Tempérament et entretien
Le cheval mongol est vigoureux, doté d'une très grande endurancecite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter486-86-5[50]cite-ref-turk201723-24-108-0[S 41]cite-ref-silver198478-70-13[42]cite-ref-ravazzi1991144-73-5[45]. Il résiste à des conditions climatiques extrêmes et peut trouver lui-même sa nourriture sous la neige en creusantcite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter486-86-6[50]cite-ref-turk201724-6-12[S 3]cite-ref-bayarsaikhan200596-109-0[60]. Il tolère des amplitudes thermiques allant de −50 °C à 35 °Ccite-ref-dad-isdad-is-1-8[DAD-IS 1], et peut survivre avec des soins bien inférieurs à ceux qui doivent être prodigués aux grandes races de chevaux du monde occidentalcite-ref-turk201723-68-3[S 26]cite-ref-hund200833-110-0[61].
La fertilité des juments est excellente, et approche des 100 %cite-ref-hund200818-111-0[62]. La première mise bas des juments survient en général entre 45 et 48 moiscite-ref-dad-isdad-is-1-9[DAD-IS 1]. Comme chez toutes les autres races de chevaux, la jument donne un, exceptionnellement deux poulains à la foiscite-ref-dad-isdad-is-1-10[DAD-IS 1]. Les naissances de poulains jumeaux semblent cependant extrêmement rarescite-ref-hund200819-112-0[63]. Le taux de survie des poulains de juments primipares est d'environ 50 % dans l'Arkhangai selon un éleveur interrogé, la principale cause de mortalité étant imputable aux attaques de loupscite-ref-hund200820-113-0[64].
De nombreuses sources décrivent ces chevaux comme rudes et sauvages, mais néanmoins dévoués une fois mis au travailcite-ref-turk201723-68-4[S 26]cite-ref-hund200833-110-1[61]. Le débourrage est assez sommaire, et pratiqué uniquement par les hommescite-ref-ripart200136-99-1[57]. Les chevaux sont en effet farouches, se laissent difficilement approcher ou attrapercite-ref-ripart200136-99-2[57] et ne recherchent pas le contact humaincite-ref-hund200833-110-2[61].
Une fois éduqués, ces chevaux s'avèrent très dociles et peuvent être montés même par de très jeunes enfantscite-ref-ripart200136-99-3[57]. Il existe une nette séparation spatiale entre les juments, les étalons et les hongrescite-ref-bianquis-gasser199989-114-0[S 42]. Les hongres sont montés dans la steppe tandis que les étalons, juments et poulains sont gardés ensemble près des campementscite-ref-bianquis-gasser199989-114-1[S 42]. Les poulains sont attachés à une corde en été pendant que leur mère est traite, et peuvent la téter librement pendant la nuitcite-ref-bianquis-gasser199989-90-115-0[S 43].
Allures et vitesse
Les allures du cheval mongol sont peu amplescite-ref-haller2003227-75-11[46]. Les qualités d'allures sont très fortement valorisées par les Mongols : un excellent galopeur ou ambleur peut ainsi être reconnu pour sa grande valeur même si sa couleur de robe est dépréciéecite-ref-aubin199970-106-2[S 39]. En revanche, la littérature mongole ne mentionne ni le pas, ni le trot, considérés comme des allures peu glorieusescite-ref-aubin199975-56-1[S 21].
Galop
Le cheval galopeur (xurdan mor) est le sujet principal des manuels de moriny shinzh, en raison de sa très grande valorisation socio-culturellecite-ref-aubin199975-56-2[S 21]. Si ces animaux se révèlent très endurants, ils restent souvent de mauvais sprinteurs à cause de leurs jambes courtes, particulièrement par comparaison aux grandes races de chevaux nourries au grain et sélectionnées en Europe et en Afriquecite-ref-turk201729-74-1[S 27]cite-ref-116[S 44]. La vitesse moyenne de sujets de la race a été évaluée à 10 m/s chez les étalons, sur une distance de 15 km ; chez les hongres, elle est de 11 m/s sur 16 kmcite-ref-dad-isdad-is-1-11[DAD-IS 1]. Le cheval mongol peut galoper sur dix kilomètres d'affilée sans s'arrêtercite-ref-turk201724-6-13[S 3].
Amble
Le cheval mongol a fait l'objet d'une étude visant à déterminer la présence de la mutation du gène DMRT3 à l'origine des allures supplémentaire : l'étude de 134 sujets a permis de détecter la présence de cette mutation chez 4,5 % d'entre eux, ainsi que de confirmer l’existence de chevaux avec des allures supplémentaires parmi la racecite-ref-117[S 45]. De fait, la présence de chevaux dotés d'allures supplémentaires (amble) est relativement commune chez cette racecite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter486-86-7[50]cite-ref-haller2003227-75-12[46]. Il existe des chevaux mongols plutôt portés sur l'allure du trot, et d'autres plutôt ambleurscite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter427-20-4[11] (žoroo mor’)cite-ref-lacaze-118-0[S 46]. Les ambleurs sont, historiquement, les montures des femmescite-ref-aubin199975-56-3[S 21].
Sélection
Hund souligne l'existence d'une conscience de sélection de race parmi les éleveurs mongols qu'elle a interrogés, notamment à travers la naissance des poulainscite-ref-hund20086-120-0[65]. Ainsi, une attention est accordée à la généalogie des chevauxcite-ref-hund200825-90-2[54], bien qu'il n'existe aucun enregistrement écrit des pedigreecite-ref-hund200828-29-31-121-0[66]. De nombreux témoignages relatifs à des hippologues expérimentés les disent capables de prédire le sexe du poulain à naître à partir de l'observation de la jument pleine, mais leur efficacité n'a jamais été évaluéecite-ref-hund200820-21-122-0[67].
La sélection du cheval mongol est désormais directement liée à son utilisationcite-ref-hendricks2007hend287-60-12[36]. Les éleveurs cherchent ainsi à augmenter le poids des animaux, le rendement de lait, leur fertilité mais également à modifier leur modèle, tout en conservant les qualités principales de la race, et notamment son endurancecite-ref-hendricks2007hend287-60-13[36]. La race est gérée en Mongolie par Dawaasuren, Batsuren, sous la houlette du département d'élevage du ministère de l'alimentation et de l'agriculture mongolcite-ref-dad-isdad-is-1-12[DAD-IS 1].
La naissance d'un poulain est vue comme un motif de joie et d'espoircite-ref-hund200818-111-1[62]. Ces naissances s'effectuent sans interventions de vétérinairescite-ref-hund200818-111-2[62].
L'activité d'éleveur se transmet de père en fils au sein d'une même famille, les jeunes démarrant généralement leur activité juste après leur mariagecite-ref-hund200827-123-0[68]. Les animaux sont traditionnellement marqués au fer rouge sur la cuisse gauche, chaque propriétaire ayant sa propre marquecite-ref-rousseau2014316-2-15[1].
Système d'évaluation
Il existe un système d'évaluation des animaux utilisé par les nomades mongols, basé sur une liste de sept adjectifs de dimensions (grand, long, gros, large, fin, court et haut) qui s'appliquent aux parties du corps du chevalcite-ref-aubin199977-84-1[S 33]. Un autre système d'évaluation, plus rare, repose sur des équivalences de dimensions : la distance entre le sternum et l'articulation iliaque doit par exemple être égale à celle du garrot jusqu'au bourrelet du sabotcite-ref-aubin199978-124-0[S 48]. Ces critères varient en fonction des régions de la Mongolie, laissant à penser que ces différences pourraient s'expliquer par les différences de types entre chevaux à l'échelle du payscite-ref-aubin199978-79-125-0[S 49].
Choix des étalons
La très grande majorité d'une même génération de chevaux mongols mâles est castrée (hongres) afin de servir d'animaux de travail, seul un petit nombre étant gardés entierscite-ref-hund200823-126-0[69]. Lorsqu'un cheval mongol est débourré et testé, s'il fait preuve de qualités exceptionnelles, il peut être envisagé de le garder comme étalon reproducteurcite-ref-hund200823-126-1[69]. Les autres sont castrés, et leur crinière est alors coupéecite-ref-hund200823-126-2[69]cite-ref-rousseau2014317-127-0[70], seule une poignée de crins étant laissée longue au niveau du garrotcite-ref-rousseau2014317-127-1[70].
Cette castration a lieu à trois ans, généralement au printempscite-ref-bianquis-gasser199992-128-0[S 50]cite-ref-hund200823-126-3[69]. Le choix des étalons reproducteurs (chevaux de trois ans qui ne seront pas castrés, nommés azarga en mongolcite-ref-lacaze-118-1[S 46]) s'effectue à l'extérieur du cheptel de chaque éleveur, généralement à une certaine distance géographique, afin d'éviter la consanguinitécite-ref-bianquis-gasser199992-93-129-0[S 51]cite-ref-hund200825-90-3[54]. Un étalon est choisi en fonction de sa généalogie et de sa musculature, mais pas en fonction de sa couleur de robe ; lorsqu'il a été choisi par un éleveur, celui-ci le conserve pour la reproduction jusqu'à sa mortcite-ref-bianquis-gasser199993-130-0[S 52]. L'étalon commence généralement à se reproduire à l'âge de cinq ans, et reste dans son troupeau jusqu'environ ses seize à dix-huit anscite-ref-hund200823-24-131-0[71]. Ce troupeau compte en moyenne 15 à 20 juments, ainsi que de nombreux hongrescite-ref-hund200824-132-0[72]. Certains éleveurs divisent le troupeau entre un vieil étalon et un nouvel étalon si celui-ci vient d'être acquis avant la mort du précédentcite-ref-hund200826-27-133-0[73]. En général, une même famille d'éleveurs a plusieurs étalonscite-ref-hund200827-123-1[68].
Chez les nomades mongols, il est interdit de toucher l'étalon, car celui-ci est considéré comme un don du cielcite-ref-bianquis-gasser199993-130-1[S 52]. Il est culturellement très valorisé par comparaison au hongrecite-ref-bianquis-gasser199998-134-0[S 53]cite-ref-hund200822-135-0[74]. Il est en effet chargé de combattre les loups ou d'autres étalons pour défendre sa harde, aussi le choix d'un étalon repose sur une évaluation de sa capacité à combattre et à transmettre cette qualité à la génération suivantecite-ref-hund200822-135-1[74]. De nombreux éleveurs valorisent la capacité de l'étalon à prédire les tempêtes, trouver de l'eau et des minéraux, et découvrir les meilleurs terrains de pâturagecite-ref-hund200822-135-2[74].
Les étalons ne sont jamais tondus de la crinièrecite-ref-hund20085-23-136-0[75]. Elle est réputée les aider à protéger leurs troupeaux contre les loupscite-ref-rousseau2014317-127-2[70]. Ils vivent moins vieux que les juments, l'âge entraînant une perte de force physique, donc une vulnérabilité aux attaques de loups et d'étalons plus jeunescite-ref-hund200824-132-1[72].
Depuis les années 2000, certains éleveurs de chevaux de course font appel à des croisements avec des étalons extérieurs de plus grande taille, et aux jambes plus longuescite-ref-hund200831-137-0[76].
Choix des juments
Au contraire du système de pensée occidental qui valorise le choix d'un bon étalon sur celui de la jument, les nomades mongols considèrent le choix de la jument poulinière comme aussi important que celui du mâle reproducteurcite-ref-hund200816-138-0[77]. Interrogé dans le cadre d'une enquête ethnologique, Batulzii, éleveur de l'Arkhangai, décrit une bonne jument poulinière comme devant avoir « Une grande tête, des oreilles comme celles d'une femelle cerf, un grand ventre, un mouvement léger, un arrière-train plus petit, des sabots et un museau larges, des dents comme celles d'une vache, une crinière et une queue épaisses, un avant-bras fin, une grande bouche, des yeux profonds et une voix fine, aiguë et musicale »cite-ref-hund200817-139-0[78].
Le système d'élevage fait que plusieurs générations de juments vivent parmi la même hardecite-ref-hund200828-140-0[79].
Génétique
Parmi toutes les races de chevaux asiatiques, les chevaux mongols possèdent la plus grande variété génétique, suivis par ceux de la république de Touvacite-ref-udina-42-1[S 20]. La diversité génétique du cheval mongol est exceptionnelle, avec un coefficient de consanguinité à 0.02, soit beaucoup plus bas que d'autres races comme le Quarter Horse (0.04) et surtout le Pur-sang (0.15)cite-ref-141[S 54]. Le cheval mongol présente une hétérozygotie moyenne également exceptionnelle, avec 0.75-0.77cite-ref-tozaki-36-2[S 16].
Une analyse génétique menée sur le Mongol chinois en 2019 a permis de découvrir une signature ADN très ancienne par les origines paternelles, qui n'avait pas encore été décrite chez les chevaux domestiquescite-ref-142[S 55]cite-ref-han-143-0[S 56].
Utilisations
Les usages du cheval mongol sont extrêmement variéscite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter427-20-5[11]cite-ref-kholov-199730-71-13[43]cite-ref-ravazzi1991144-73-6[45]cite-ref-hund20085-144-0[80], bien que l'équitation montée soit une évidence et en constitue une nette majoritécite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter427-20-6[11]cite-ref-bayarsaikhan200596-109-1[60].
L'arrivée d'une économie de marché après le communisme a entraîné une pratique nouvelle, celle d'utiliser le cheval comme monnaie d'échange contre des biens de consommation ou de l'argentcite-ref-bianquis-gasser199988-65-1[S 24]. Il existe une nette distinction d'usages entre le cheval et la jument, basés sur les rôles de genre dans la société mongolecite-ref-bianquis-gasser199989-114-2[S 42]. En effet, seul le mâle fait l'objet d'un commerce, la femelle étant vouée à la reproduction et à la traitecite-ref-bianquis-gasser199989-114-3[S 42]. Les juments sont rarement montées, car un travail trop intensif risque d'entraîner la perte de leur poulain pendant la gestationcite-ref-hund200817-139-1[78]. Utilisée pour le transport, cette race de chevaux peut marcher entre 50 km et 60 km par jourcite-ref-oklahoma-145-0[W 1]. Elle est à la fois un compagnon et un outil indispensable à la vie des nomadescite-ref-hund20085-6-146-0[81].
Gestion de troupeaux et tourisme
Le cheval mongol est couramment employé comme cheval de travail pour la gestion des troupeauxcite-ref-dad-isdad-is-1-13[DAD-IS 1], activité typiquement masculine : les hommes partent le matin à cheval pour emmener leur troupeau paître, et le ramènent près de la yourte le soircite-ref-bianquis-gasser199990-147-0[S 57]. Les hongres seuls participent à ces activités, les juments et étalons ayant un mode de vie beaucoup plus sauvagecite-ref-hund200812-148-0[82].
Si la gestion des troupeaux de moutons ou de bovins demande une implication humaine conséquente, la gestion des troupeaux de chevaux demande peu d'interventions : il n'est pas rare que ces troupeaux échappent à la surveillance du cavalier durant plusieurs jours d'affiléecite-ref-hund200822-135-3[74]. Cela demande au cavalier une capacité à penser comme l'étalon de son troupeau, de manière à pouvoir deviner où celui-ci se trouvecite-ref-hund200822-135-4[74].
Courses
Les lignées de chevaux mongols de course sont les plus prisées chez cette race, ces courses représentant une importante tradition populaire en Mongoliecite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter486-487-149-0[83]cite-ref-hund20086-120-1[65]cite-ref-lacaze-118-2[S 46]. Il est d'usage de collecter et de goûter la sueur des chevaux avant et après la course afin de mesurer leur état de préparationcite-ref-bianquis-gasser199999-150-0[S 58]cite-ref-lacaze-118-3[S 46]. La carrière d'un cheval mongol de course s'arrête vers ses 12 anscite-ref-hund200824-132-2[72]. Les chevaux de pure race sont polyvalents, pouvant être montés en course un jour puis mis au travail de troupeau le lendemaincite-ref-hund200833-110-3[61]. Seuls des chevaux qui sont au moins à 50 % mongols peuvent concourircite-ref-hund200836-151-0[84], uniquement des étalons ou des hongrescite-ref-bianquis-gasser199998-134-1[S 53]cite-ref-lacaze-118-4[S 46]. Cependant, le prix d'achat élevé des chevaux croisés rend ces courses de plus en plus élitistescite-ref-hund200840-152-0[85]. Le Naadam de la capitale Oulan-Bator est le seul à comporter une course d'ambleurscite-ref-lacaze-118-5[S 46].
Chaque année, lors de la fête nationale du Naadam, ces chevaux sont mis à l'honneurcite-ref-ripart200139-62-1[37]. Des enfants de cinq à douze ans (y compris des fillescite-ref-rousseau2014317-127-3[70], bien qu'elles soient minoritairescite-ref-bianquis-gasser199998-134-2[S 53]) s'affrontent sur une distance de quinze à trente kilomètrescite-ref-ripart200139-62-2[37]. Des nomades effectuent des voyages équestres de plusieurs jours pour participer à cet événementcite-ref-ripart200139-62-3[37]. Les vainqueurs de chaque Naadam (ainsi que le dernier arrivé) sont célébrés par un poète, et leur identité (couleur de robe et nom du propriétaire) consignée au moins depuis 1946cite-ref-aubin199971-153-0[S 59]cite-ref-lacaze-118-6[S 46].
Le Mongol Derby, course d'endurance courue à travers ce pays, met aussi à l'honneur les chevaux mongolscite-ref-154[P 2]. D'une longueur de 1 000 km, il s'agit de la plus longue course de chevaux au monde, inspirée du système de relais postal mis en place sous Gengis Khancite-ref-155[S 60].
Attelage et bât
Plus rarement, le cheval mongol peut être attelé à des véhicules hippomobiles légerscite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter427-20-7[11]cite-ref-bayarsaikhan200596-109-2[60]. Il tire le chariot portant la yourte pendant les déplacements saisonnierscite-ref-bianquis-gasser199988-65-2[S 24]. Ses usages comme cheval de bât sont beaucoup plus rarescite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter427-20-8[11]. Un cheval mongol est réputé capable de porter un tiers de son propre poidscite-ref-turk201724-6-14[S 3].
Lait de jument
Les juments mongoles sont traites pour leur lait, utilisé ensuite pour fabriquer l'aïrag, qui n'est autre que du lait de jument fermenté, également appelé koumis dans d'autres régions du mondecite-ref-mongoliatoday-156-0[86]cite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter427-486-487-157-0[87]cite-ref-hund200821-158-0[88]. L'aïrag est beaucoup consommé par les Mongols, qui lui prêtent des vertus thérapeutiquescite-ref-rousseau2014317-127-4[70]. Cette capacité à fournir du lait est le principal motif de valorisation des juments mongolescite-ref-hund200821-158-1[88].
La jument est traite dans les trois mois qui suivent sa mise bascite-ref-silver198478-70-14[42] (quatre à cinq fois par jour selon Hendrickscite-ref-oklahoma-145-1[W 1], six à sept fois selon Gouraudcite-ref-gouraud200536-159-0[89], voire huit fois par jour selon Bianquis-Gassercite-ref-bianquis-gasser199990-147-1[S 57]), toutes les deux ou trois heurescite-ref-hund200821-158-2[88], et produit en moyenne 300 à 400 kg de lait par ancite-ref-dad-isdad-is-1-14[DAD-IS 1], pour quatre à cinq litres par jourcite-ref-bianquis-gasser199990-147-2[S 57]. Les juments mongoles donnent 300 à 350 ml de lait par lactationcite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter487-92-2[56], pendant en moyenne 230 à 250 jourscite-ref-dad-isdad-is-1-15[DAD-IS 1]. Le taux butyreux moyen est de 2,2 %cite-ref-dad-isdad-is-1-16[DAD-IS 1]. Parmi les nomades, la traite se pratique en couple : l'homme maintient le poulain près de sa mère et l'incite à commencer à téter pour amorcer une montée de lait, puis le sépare de sa mère, et la femme trait la jumentcite-ref-bianquis-gasser199990-147-3[S 57]cite-ref-gouraud200536-37-160-0[90]. L'activité masculine de gestion du poulain est justifiée par la force physique nécessaire pour contrôler son comportementcite-ref-bianquis-gasser199990-147-4[S 57]. Le lait récolté est versé dans une outre de peau, puis baratté par les hommes pendant environ deux heures chaque soircite-ref-bianquis-gasser199991-4-1[S 1]. Lorsque la nuit tombe, le poulain peut de nouveau librement téter sa mère, jusqu'au lever du jour suivantcite-ref-hund200821-158-3[88].
Seule la jument mongole du désert n'est pas traite pour son lait, en raison des contraintes environnementalescite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter486-86-8[50].
Viande
Les chevaux mongols sont aussi abattus pour leur viandecite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter427-486-161-0[91]cite-ref-gouraud200535-162-0[92], ce motif d'élevage ayant pris de plus en plus d'importance avec la modernisation des modes de viecite-ref-reportage24-163-0[P 3]. Le cheval reste donc une source alimentaire dans la Mongolie modernecite-ref-turk201728-32-1[S 14], désormais via un élevage spécifique à cette fincite-ref-reportage24-163-1[P 3]. Ce type d'élevage compromet le bien-être du cheval, car il implique le surpâturage, l'obésité et de fréquentes maltraitances, qui concerneraient en 2024 environ la moitié des chevaux du payscite-ref-reportage24-163-2[P 3]. Le rendement moyen de la carcasse à l'abattage est de 165 kgcite-ref-dad-isdad-is-1-17[DAD-IS 1]. Oulan-Bator compterait en 2024 plus de 80 abattoirs spécialisés dans les chevauxcite-ref-reportage24-163-3[P 3].
Historiquement, selon le témoignage de Marco Polo (peut-être avec une exagération), les guerriers mongols souffrant de la faim et de la soif pouvaient tuer puis consommer leurs chevaux, ou bien couper un vaisseau sanguin de leur monture et boire son sang pour s'alimenter en cas de besoincite-ref-turk201728-32-2[S 14]cite-ref-bold2012130-164-0[93]cite-ref-rossabi19942-165-0[S 61]. Le cheval mongol pouvait aussi être occasionnellement considéré comme du gibier par des populations localescite-ref-ravazzi1991144-73-7[45]. La consommation régulière de sa viande est certainement un phénomène récent, l'ethnologue Isabelle Bianquis-Gasser déclarant n'avoir trouvé aucune mention d'hippophagie dans les sources écrites historiquescite-ref-bianquis-gasser199994-166-0[S 62]. Jean-Louis Gouraud témoigne qu'en 1986, le directeur du département de zootechnie du ministère mongol de l'agriculture déclarait que manger de la viande de cheval est bon pour la santécite-ref-gouraud200535-162-1[92]. Chez les Mongols nomades de la région de Bulgan, c'est généralement une vieille jument de plus de quinze ans ou bien un hongre qui est abattu pour les provisions hivernalescite-ref-bianquis-gasser199994-166-1[S 62]. L'abattage traditionnel chez les nomades s'effectue par arrachage ou pression sur l'aorte accompagnée d'une incision du ventre, de manière à vider l'animal de son sang le plus rapidement possiblecite-ref-bianquis-gasser199994-166-2[S 62].
Toutes les parties de son corps son considérées comme comestiblescite-ref-bianquis-gasser199994-166-3[S 62]. La viande est rarement séchée, et plutôt consommée bouilliecite-ref-bianquis-gasser199994-166-4[S 62]. Exceptionnellement, elle peut être congeléecite-ref-bianquis-gasser199995-5-2[S 2]. Le sang est transformé en boudinscite-ref-gouraud200536-159-1[89].
Crins et crottin
La coupe de la crinière effectuée quatre fois par an chez les nomades permet de récupérer du crin, en plus grande quantité au printempscite-ref-bianquis-gasser199993-130-2[S 52]. Ce crin permet de fabriquer ensuite des cordes et divers liens, par exemple pour attacher les poulains à des poteauxcite-ref-bianquis-gasser199994-166-5[S 62]. Le crin de cheval peut aussi servir de garniture aux matelas des yourtescite-ref-bianquis-gasser199994-166-6[S 62].
Le crottin de cheval, lui aussi récupéré en grande quantité, est mis à sécher pour servir de combustible dans le foyer au centre de la yourtecite-ref-bianquis-gasser199995-5-3[S 2].
Croisements
Quand les contraintes environnementales s'y prêtent, la race moderne peut être localement croisée avec le cheval du Don, le Boudienny et le Pur-sang, afin d’accroître sa taillecite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter486-86-9[50]. C'est notamment le cas dans un centre équestre d'Oulan-Bator en 2007cite-ref-hendricks2007hend287-60-14[36]. Le recours aux races de chevaux russes est privilégié en croisement, car leur biotope est relativement proche de celui de la Mongoliecite-ref-hund200832-167-0[94]. L'organisatrice de randonnée Sabine Grataloup témoigne en 2012 que depuis quelques années, des chevaux mongols sont croisés avec des chevaux arabes pour leur donner un peu plus de hauteur tout en conservant leurs qualités d'endurancecite-ref-grataloup-168-0[W 2]. Ces chevaux se sont avérés plus rapides que les chevaux mongols purs, au point qu'ils sont placés dans une catégorie spécifique pendant les courses de Naadamcite-ref-grataloup-168-1[W 2]. Cependant, une différence de taille entre le mâle et la femelle peut donner des problèmes au poulinagecite-ref-hund200834-169-0[95].
Les techniques d'élevage du monde occidental influencent désormais l'élevage traditionnel mongol en favorisant ce recours aux croisementscite-ref-hund20084-170-0[96]. Ces chevaux croisés sont moins rustiques, plus chers à l'achat, et demandent des soins dispendieux, mais ils sont plus performants en course de vitesse sur courte distance (sprint) que le cheval mongol traditionnelcite-ref-hund20084-170-1[96]. Le tempérament diffère également, les chevaux de croisement étant plus proches de l'humain et moins polyvalents à l'usagecite-ref-hund200833-110-4[61]. Il est possible qu'une nouvelle race de chevaux de course mongols émerge dans le futurcite-ref-hund20084-170-2[96], des éleveurs tentant de sélectionner un cheval de course avec seulement 25 % d'origines mongolescite-ref-hund200838-171-0[97].
Diffusion de l'élevage
Cette race est présente en Mongolie, mais aussi en Chinecite-ref-rousseau2014316-2-16[1]. Le cheval mongol n'est pas menacé d'extinction, puisque la race est diffusée à l'échelle régionale en Asiecite-ref-dad-isdad-is-1-18[DAD-IS 1]. Ces chevaux partagent la vie de nomades au sein de l'immense steppecite-ref-ripart200132-49-172-0[98]. Ils sont le plus souvent élevés en système de taboun, de manière extensive en semi-libertécite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter486-86-10[50].
En Mongolie
La Mongolie compte environ 2,2 millions de chevaux en 2007 selon CABIcite-ref-porteraldersonhallsponenberg2016porter486-86-11[50], la base de données DAD-IS donnant un chiffre de 3,8 millions en 2018cite-ref-dad-isdad-is-1-19[DAD-IS 1]. Leurs propriétaires gèrent des hardes qui en comptent de 25 jusqu'à plus de 200cite-ref-hund200812-148-3[82]. Dans de rares cas, il existe des propriétaires de plus d'un millier de chevauxcite-ref-hund200812-148-4[82]. Chaque famille mongole qui vit hors des grandes villes en possède au moins quelques-unscite-ref-hund200812-148-5[82].
Ces chevaux vivent en extérieur toute l'année, bien qu'ils puissent être placés dans un enclos durant l'automne et l'hivercite-ref-bianquis-gasser199989-114-4[S 42]. Un système nomade est prédominant en zone pastorale, tandis que le système transhumant prédomine dans les régions ruralescite-ref-dad-isdad-is-1-20[DAD-IS 1]. Les chevaux mongols modernes sont donc élevés d'une manière restée très similaire à celle de leurs lointains ancêtrescite-ref-hund200815-173-0[99]. Chaque harde comporte un seul étalon et se substante de manière auto-gérée, sans soutien humain pour trouver la nourriture ou l'eaucite-ref-hund200815-173-1[99].
Ces chevaux sont souvent l'objet de vols, malgré leur marquage au fer visant à les limitercite-ref-volgras-174-0[P 4].
En Chine
Les chevaux mongols de Chine ont subi une sévère chute d'affectifs, passant de 1 700 000 têtes en 1982 à une fourchette comprise entre 50 000 et 86 700 en 2005, selon la FAOcite-ref-mongolchinois-175-0[DAD-IS 8]. La race se trouve surtout en Mongolie-Intérieure, mais aussi dans diverses régions du Nord de la Chine telles que la partie ouest du Heilongjiangcite-ref-hendricks2007hend127-21-1[12], le Gansu, le Xinjiang et le Qinghaicite-ref-mongolchinois-175-1[DAD-IS 8].
Dans la culture
Toute la société mongole s'est historiquement structurée autour de la vie nomade et des tactiques militaires montées, ce qui fait du cheval mongol le cœur de cette société humaine, à l'origine de nombreux cultes, rituels, et écrits poétiquescite-ref-turk201723-68-5[S 26]cite-ref-aubin199966-34-2[S 15]cite-ref-rossabi19941-31-2[S 13]cite-ref-hund200812-148-6[82]. Il se retrouve jusque dans les rites de passage, le jeu traditionnel d'osselets (le shagai)cite-ref-bianquis-gasser1999100-101-176-0[S 63] et le chamanisme mongolcite-ref-hund200813-177-0[100]. Les familles nomades peuvent garder un cheval sacré, le khii mori (cheval de vent), béni après une cérémonie, qui ne doit jamais être abattu et ne peut être monté qu'à des occasions rares et spécifiquescite-ref-hund200813-177-1[100].
« Au Mongol, il faut associer le cheval de Mongolie. Ils se ressemblent d'ailleurs, fils de la même steppe, modelés par la même terre, le même climat, rompus aux mêmes exercices […]. »
Cette culture s'est partiellement diffusée vers l'Europecite-ref-turk201730-179-0[S 65], les legs étant visibles à travers l'influence génétique du cheval mongol sur d'autres races, et les techniques d'équitationcite-ref-turk201731-180-0[S 66].
La culture du cheval en Mongolie, notamment les connaissances de son élevage, repose sur une tradition orale, les écrits relevant majoritairement de la littérature savantecite-ref-aubin199966-34-3[S 15]cite-ref-hund20088-8-1[4]. Le chant des louanges au cheval est une spécialité de quelques poètes, souvent accompagnés au morin khuurcite-ref-gouraud200540-181-0[101]. Ces poèmes célèbrent la morphologie des chevaux, en comparant par exemple leur dos à celui du lièvre et leurs yeux à des pièces de monnaiecite-ref-aubin199972-182-0[S 67]. Celui-ci provient d'un manuel scolaire, daté de 1967cite-ref-aubin199972-182-1[S 67] :
« Tuulaj sajxan zoog toxolzuulsan Turag sajxan bijeijg gulalzuulsan Shashir sajxan delijg sagsalzuulsan Shanam sajxan süülijg gjalalzuulsancite-ref-aubin199972-182-2[S 67]. »
— Mongolyn uran zoxiol unshix bichig, 1967. Traduction de Françoise Aubin et Marie-Dominique Even
« Il agite son beau rein arrondi de lièvre Il fait glisser son beau corps massif Il dresse sa belle crinière taillée court Il fait bruire sa belle queue en pomponcite-ref-aubin199972-182-3[S 67]. »
Le cheval local est très présent dans cette littérature mongole, tant la littérature zootechnique qui décrit cet animal (moriny shinzh)cite-ref-aubin199965-66-183-0[S 68] que dans des épopées, qui en font un double du héroscite-ref-aubin199968-184-0[S 69]. L'un des romans mongols les plus fameux, La Tamir aux eaux limpides, met en scène un voleur de riches éleveurs qui re-donne des chevaux aux pauvrescite-ref-volgras-174-1[P 4]. Le cheval mongol est aussi le sujet de nombreux romans pour la jeunesse. On peut ainsi citer Khan, cheval des steppes de Federica de Cesco, Le merveilleux cheval mongol de James Aldridge, ou encore Naadam de Magali Bonniol, qui racontent tous la relation entre un enfant et un cheval mongolcite-ref-185[W 3].
Notes et références
• (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Mongolian horse » (voir la liste des auteurs).
Références
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Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
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Récit de voyage
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